Voici le dernier d’une série de 4 articles sur des analyses de combustion aux 5èmes Rencontres Pyromaniakes 2026. Ce sont des articles assez denses et techniques. Je ne suis pas laborantin spécialisé en analyse de combustion : des imprécisions et erreurs peuvent être présentes.
Contexte
Dans ce dernier article je vous parle des inclassable. J’appelle ainsi les rockets que je n’ai pas pu faire rentrer dans les 2 précédents articles :). Ce sont des rocket a usage spécifique et très intéressant a instrumenter. Bonne lecture.
Le four à céramique de Jérémie
Infos
- Conduit : double conduit latéral qui se réunit puis conduit 150 sur 30cm de long . Sonde au milieu du tronçons de 30cm
- Brûleur : Rocket en L fortement inspiré des modèles Feu Follet avec une étagère de séparation arrivée d’air / bois. Permet de bien gérer la température en poussant, ajoutant ou retirant des toute petite section de bois mais nécessite une présence en continu devant le poêle.
- Bois : douglas très sec (6-10%) et très fine section (1×1 cm ou 1x2cm et un peu de feuillus dans les même sections. Environ 7kWh de bois utilisé.
- Utilisation : Première cuisson biscuit à 900°C de céramiques. Il s’agit d’une cuisson en palier :
- 25 min pour monter a 200°C
- puis 25 min pour monter a 300°C
- puis 25 min pour monter a 400°C
- enfin 1h pour monter a 900°C, 40 min a 900 et redescente lente en température.
- Température foyer : 13.5°C (froid)
- Température air ambiant : 13.5°C
- Allumage à l’allume feu dans cheminée pour amorcer le tirage.


Résultats
- Excès d’air élevé lors du début (fonctionnement au ralenti) et plus bas a partir de 100 min (fonctionnement puissance nominal)
- Température des fumées très haute en fin de cycle (550°C) mais en même temps le four est à 900°C
- On voit vraiment bien la différence de qualité de combustion entre la période de chauffe lente par palier (avant 100 minutes) et la période de fonctionnement à fond (après 100min).
- À noter que du fait des toutes petites sections de bois il n’y a quasiment pas de braises et donc lorsque Jérémie arrête d’alimenter le foyer pour redescendre en température (à 165 min) le feu s’éteint tout seul et ne dégage quasiment pas de CO.
- Taux de CO sur la flambée 1070 mg/Nm3. C’est un bon résultat 1, en dessous du FV.
- Rendement assez faible mais pas étonnant lorsqu’on doit monter à de si hautes températures.2
Le four à pain de JP et Marc
Infos
- Conduit : Conduit diamètre 180 longueur 70. Sonde au milieu du conduit. Avec chapeau anti pluie.
- Brûleur : de type boite (batchrocket) avec arrivée d’air latéral à l’avant du foyer et turbuleur en laine céramique.
- Bois : 17.9 kg de mélange de bouts de chevrons et chutes de liteau (sec a cœur (11-14%) mais ayant pris la pluie (25-30% ext). Ce n’est donc pas le meilleur combustible !
- Utilisation : Cuisson de 19.3 kg de pain + 3.5kg foccacia + 4.5kg de brioche. Petit couac avec l ‘équipe boulange : le four était chaud 1h d’avance sur l’enfournement.
- Température foyer : 17.5°C (froid)
- Température air ambiant : 17.5°C
- Allumage au carton cagette


Résultats
- Excès d’air très faible voir trop bas3, on observe à plusieurs reprises un décrochage/emballement lors de la recharge en bois. Cette emballement est beaucoup plus restreint avec la porte entrouverte = il y a un défaut d’air lors des recharges ou bien les sections sont trop petites.
- Température des fumées moyenne qui permettent une longueur de cheminée très courte et donc plus pratique pour le déplacement de la remorque.
- Ce graphique aussi montre bien les différent moment de recharge et emballement. La combustion est top en fonctionnement stable (avec des minimums aux alentour de 20 mg/Nm3 de CO soit des valeurs extrêmement basses) mais le rechargement pose problème4 (les pics sur la courbe).
- De même le décalage four chaud / enfournement est riche d’enseignement . En effet, on constate que lorsque le feu passe en mode brasillement la combustion se dégrade et la courbe de CO monte en flèche (après 175min). D’où l’utilité d’un foyer étanche avec clapet de fermeture : cela permettrait de stopper l’alimentation en air des braises et donc d’éteindre complètement le feu (= plus de CO)5
- Taux de CO sur la flambée 770 mg/Nm3 , très bon résultat6, en dessous du FV.
- Ratio de pain/bois de 0.92 kg de bois pour 1 kg de pain. Sur une seul fournée7 alors que le but de ce four est d’enchaîner les flambées une fois le four chaud (inertie et isolation). De plus, le ratio est biaisé par le fait que l’enfournement du pain est arrivé une heure après que le four soit préchauffé.
Friture de beignets avec les Rock a Bilik
Infos
- Conduit : 3 m en 125 avec double peau ventilé (pour ne pas brûler le barnum). Prise de mesure 40 cm au dessus du coude de sortie.
- Brûleur : petit foyer en L en métal non isolé avec étagère de séparation. L’ enceinte de l’interface est isolé
- Bois: 2.5kg (estimé à la louche) de douglas sec (12%) en section de 2x2cm ou 2.5×2.5cm.
- Utilisation : réalisation de beignets de légumes dans de l’huile de friture a 180°C.
- Température foyer : 19°C (froid)
- Température air ambiant : 19°C
- Allumage au carton et papier (8min car petit raté a l’allumage)


Résultats
- Foyer en gros excès d’air. C’est lié à la grande cheminée et à l’étagère de séparation air bois.
- Température des fumées haute car interface basique sans chicane pour ralentir les fumées.
- Combustion plus chaotique lié selon moi lié à l’usage : la conception en L nécessite de pousser le bois régulièrement (comme sur le four a céramique sauf que Jérémie il est concentré a 100% sur l’alimentation en bois du foyer) et cuisiner des beignets en parallèle fait que le poêle n’est pas tous le temps utilisé à son fonctionnement optimal (timings pas concordants, oubli de pousser le bois…). On a donc des bouts de bois qui, en se consumant, s’écarte de la zone chaude et produisent alors beaucoup de fumée. Donc, on observe des pics de CO réguliers pendant la cuisson, sûrement lié à cela.
- Je pense aussi que le fait que le foyer soit petit lui permet de monter vite en température mais, vu qu’il n’a ni isolation ni béton (et donc pas d’inertie), cela le rend beaucoup plus sensible à des variations extérieures comme un retard de pousse de bois ou un coup de vent.
- Taux de CO sur la flambée : 2237 mg/Nm3. Un résultat en dessous de la norme EN15250. Mais au dessus des autres rockets vu précédemment . Cela reste très correct.
- Un ratio kilo de beignet / kilo de bois non calculé mais sûrement très élevé :).
Conclusion
Et bien les rocket c’est toujours de la balle !! 🥳
On remarque que les rocket en L qui était très présents il y a quelques années sont moins plébiscités au Pyro. La grosse différence dans l’utilisation est la possibilité de gérer de façon beaucoup plus précise son feu (et de consommer moins de bois). Pour la céramique c’est un critère de première importance pour respecter les paliers de températures mais en contrepartie cela demande une concentration sur le feu bien plus élevé qui peut poser problème pour de la friture.
Pour le four a pain le modèle de foyer batch-bloc (très proche du DSSR2 de Peter Van Der Berg) montre des performances très élevées mais des pic de CO au niveaux des recharges en bois et une fois le feu presque éteint.
Dans l’ensemble, ces designs illustrent la polyvalence et la fonctionnalité des conceptions de poêles rocket. Et les analyse donnent des pistes d’amélioration pour faire encore mieux 🙂
Remerciements (bis)
Et ces données ont pu être récoltées notamment grâce à :
- Agir Low Tech qui a accepté de louer l’analyseur de combustion ( car ça coûte environ 2500 euros à l’achat… )
- Ojaf pour avoir fournis la tente qui a hébergé le labo pendant la semaine, son humidimètre et ses bras pour déplacer des rockets.
- L’organisation des Pyromaniakes pour avoir soutenu et financé le projet.
- Les participant.e.s qui sont venu me solliciter et qui ont accepté de percer des trous dans leur conduit de poêle 😅 (pour placer la sonde)

- Surtout que, même si je n’ai jamais instrumenté un four céramique à bois plus traditionnel, je pense que les rendements de combustion sont très très très en deçà (et que les flambées durent bien plus longtemps et consomment beaucoup plus de bois). ↩︎
- Même si les céramistes parlent de basse température pour des cuisson a 900°C… ah la relativité 🙂 ↩︎
- Regarder sur la courbe et pas la moyenne car celle ci prend en considération les ouverture de porte qui amène massivement de l’air ( la courbe O2 fait des montagne russes :)) ↩︎
- Hypothèse personnelle d’un manque d’air par rapport à la quantité de gaz de bois dégagée. ↩︎
- En plus cela évite le refroidissement interne du poêle par circulation ascendante d’air frais (effet de tirage) ↩︎
- Surtout en prenant en considération les pics de rechargement qui pourrait être évités. ↩︎
- Et sans compter brioche et focaccia 🙂 miam ↩︎
Voici le troisième d’une série de 4 articles sur des analyses de combustion aux 5eme Rencontres Pyromaniakes 2026. Ce sont des articles assez denses et techniques. Je ne suis pas laborantin spécialisé en analyse de combustion, des imprécisions et erreurs peuvent être présentes.
Contexte
Je ne suis pas un grand fan des pellets (ou granulés en français) 1 , néanmoins cela me semble intéressant dans certain cas (chauffage en zone urbaine dense, publics spécifiques par exemple) et notamment très adapté a la cuisine ou a la stérilisation. En effet le pellet permet notamment de très bonnes combustion, régulière et homogène. A cela s’ajoute la possibilité d’éteindre les pellets en fin de flambée. Et aussi l’avantage de ne pas rester devant pendant toute la durée de la stérilisation par exemple.
David Szumilo a beaucoup développé un concept de restauration collective a vélo autour des brûleurs a pellet et son approche me semble très pertinente. Plus d’info sur son site : du soleil dans nos assiettes.
Nous voila donc lancé sur l’analyse de deux brûleurs a pellets : celui de David et le mange debout à fondue savoyarde proposé par Marc de l’association Oxalis.
Modification cadre et comparatif
Les appareil a pellet du fait d’ajout d’électronique et de l’uniformité et l’homogénéité du combustible on des conditions plus restrictives de labellisation. Nous allons donc modifier le cadre de mesure et prendre les données flamme verte pour pellets :
- Flamme verte nous dit donc que les CO doivent être en dessous de 300 mg/Nm3 et un rendement supérieur a 87%2
- Les système a granulé testé ici fonctionne avec peu d’excès d’air on va donc retourner sur l’encadrement des mesure par 4% de CO2 (au lieu de 2% pour les rocket)
Le mange debout à fondue savoyarde à pellets
Infos
- Conduit : sous la table, peut être transparent pour voir les flammes. Sonde au niveau de la casserole dans un conduit en laine céramique non présent en fonctionnement normal.
- Bruleur : gravitaire a pellet avec une cartouche qui fait tomber petit a petit le pellet dans le brûleur
- Combustible : 1.2 kg pellet
- Utilisation : 1h de fondue savoyarde conviviale. Malheureusement la sonde est a l’emplacement de la casserole et nous avons donc du reporter la fondue.
- Température foyer : 14.5°C (froids)
- Température air ambiant : 14.5°C
- Allumage au chalumeau gaz (1min)


Résultats
- Peu d’excès d’air donc foyer bien chaud.
- Température des fumées très haute car pas d’interface : juste le brûleur qui sort sur la gamelle a fondue. Donc un rendement pas fou malgré une combustion top = il reste trop de chaleur dans les fumées.
- Taux de CO sur la flambée 189 mg/Nm3 , très bon résultat , en dessous du FV.
- 50 min de fondue savoyarde théorique :)
Le cuiseur bain marie à pellets de David
Infos
- Conduit : pas de conduit mais un ventilateur. Pour permettre de faire les mesures on a rajouté une jupe dans un bidon neuf (à l’allumage la peinture a un peu brûlé = ça pue) et un bout de conduit horizontal (qui ne crée pas de tirage)
- Brûleur : C’est un top lit updraft ou brûleur a flamme descendante. Les pellets sont dans une cartouche on allume sur le dessus et les pellets carbonisent et libèrent du gaz qui s’enflamme en haut de la cartouche . A la fin de la combustion notre cartouche est rempli de charbon.
- Combustible : 2.15 kg pellets
- Utilisation : 2h de bain marrie pour réchauffer la nourriture en restauration collective
- Température foyer : 6°C (froids)
- Température air ambiant : 6°C
- Allumage a l’allume feu fibre de bois
- A noter que le protocole de mesure en rajoutant une interface modifie légèrement le fonctionnement du brûleur a pellets, mais il est peu probable que les effets sur la combustion soient significatifs.


Résultats
- Toujours très peu d’excès d’air
- Température des fumées plus basse que sur le mange debout donc meilleur rendement.
- Taux de CO sur la flambée : 50 mg/Nm3. Un résultat impressionnant (encore plus pour un brûleur en boite de conserve). Avec un minimum record a 16 mg/Nm3.
- 1h40 de combustion en tout (un peu moins que 2h). La fin ne rend pas exactement compte des conditions réelles car en situation réelle David éteint les granulés en les plongeant dans l’eau (pas de gros pic CO a la fin)
- Il ne reste que des charbons en fin de flambée ce qui est a la fois dommage car le charbon contient encore de l’énergie de combustion mais qui a l’avantage de se tenir. Ajoutez à cela qu’avec l’air qui souffle au dessus des pellets on peut espérer dégager très peu de particules fines avec cet appareil (hypothèse a vérifier par la mesure un de ces jours)3
Conclusion
Là encore, les résultats sont très bons : bien en dessous des seuil de 300mg /Nm3. Les rendements sont parfois un peu moins bons mais ce n’est pas étonnant vu l’usage souhaité. Un système de chauffage avec ces mêmes brûleurs aurait sans aucun doute un bien meilleur rendement.4
Je ne pratique personnellement pas la cuisson aux pellets mais ces valeurs donnent envie de s’y intéresser plus sérieusement. Pour gagner en rendement peut être que des interfaces isolées seraient un plus. Pour autant, il s’agit d’avoir un bon équilibre entre maximiser le rendement et permettre une construction simple et accessible.
Le prochain et dernier article de cette série sera dédié a d’autres poêles vus sur le pyros, ces poêles sont « inclassables » dans le sens où leur conception / fonction varie beaucoup.

- Les granulés sont des produits transformés et industriels, fabriqués dans des méga usine centralisées. Le rendement énergétique sur la totalité de la chaîne de production n’est pas si ouf (avec transport/ séchage / broyage et compactage). Les poêles qui utilisent les pellets sont souvent très cheap dans leur fabrication et remplis d’électronique peu fiable, … ↩︎
- C’est une approximation : normalement un ETAS supérieur a 79% https://www.flammeverte.org/flamme-verte/le-label-flamme-verte et comme dit précédemment la notion de rendement est toujours a prendre avec des pincettes pour des appareil de cuisine ↩︎
- En effet les particules fines sont, entre autre, des particules de très petites tailles soulevé par l’air et emmené dans l’atmosphère . C’est pour cela qu’un poêle avec très peu de cendre c’est pas une bonne chose (contrairement a ce que dit la rumeur) : les cendres étant les minéraux du bois elle ne peuvent pas brûler donc soit elles sont dans le poêle soit dans l’atmosphère sous forme de pollution. ↩︎
- En effet le besoin de puissance instantanée pour la cuisine et la compacité des installations (transport) ne permet pas par exemple une circulation importante des fumées dans de la masse accumulatrice . Si l’on arrivait avec un grand conduit + de la masse thermique a récupérer la chaleur des fumées alors le rendement augmenterai. ↩︎
Voici le second d’une série de 4 articles sur des analyses de combustion aux 5eme Rencontres Pyromaniak 2026. Ce sont des articles assez denses et techniques. Je ne suis pas laborantin spécialisé en analyse de combustion des imprécisions et erreurs peuvent être présentes.
Si vous n’avez pas encore lu le premier épisode, c’est par ici !
Contexte
Pour rappel le cuiseur 0xalis est un cuiseur rocket composé d’un bruleur dans un bidon de 60L et d’une interface interchangeable qui peut être échangée pour varier les usages. Petit florilège des interfaces existantes : four à pizza, casserole, wok, chauffe-eau, plancha, vitrocéramique…
Il s’agit du modèle que nous fabriquons en stage et beaucoup de cuiseurs rocket modèle Oxalis étaient présent sur ces Rencontres Pyromaniakes. Allez, c’est parti pour les résultats d’analyse ! 🚀

Interface Wok conduit 3m50
Infos
- Conduit : 3m50 simple peau diamètre 150 inox 2 coude a 45° ; sonde 90 cm au dessus du coude de sortie
- Bruleur : oxalis avec une seule arrivée d’air secondaire
- Interface : Wok 42L (65cm) isolé laine céramique avec déflecteur « zéphyr »
- Bois : 3.82 kg de douglas 12% humidité moyenne , section 3-5 cm
- Utilisation : monté a ébullition pour pâtes de 25L d’eau initialement a 12°C. Pas de couvercle.
- Température foyer : 72°C (tiède)
- Température air ambiant : 30° (soleil sur la tente labo)
- Allumage au chiffon d’huile

Résultats

- Beaucoup d’excès d’air = valeur lambda (peut être liè au 3m50 de conduit)
- Température des fumées haute
- Taux de CO sur la flambée 725 mg/Nm3 , super résultat très étonnant pour un rocket en bidon. Allez c’est bon on remballe 🙂
- Temps d’ébullition 33 min soit environ 0.75L d’eau par minute .
Interface Wok 42L conduit 1m
Infos
- Conduit : 1m simple peau diamètre 150 inox ; sonde 30 cm au dessus du coude de sortie.
- Bruleur : oxalis avec une arrivée d’air secondaire
- Interface : Wok 42L (65cm) isolé laine céramique avec déflecteur « zéphyr »
- Bois : 3.5 kg de douglas 12% humidité moyenne , section 3-5 cm
- Utilisation : monté a ébullition pour pâtes de 25L d’eau initialement a 12°C. Pas de couvercle.
- Température foyer : 190°C (chaud)
- Température air ambiant : 26° (extérieur)
- Allumage au chiffon d’huile


Résultats
- Moins d’excès d’air (car moins de tirage)
- A 15 min, la recharge du foyer a été trop conséquente (ou les sections de bois étaient trop petites) ce qui a créé un dégagement trop important de gaz de bois. Tout ces gaz de bois en excès n’ont pas réussi a réagir avec l’oxygène (chute de la quantité d’O2 sur la courbe) et donc on observe un pic de CO a 3000 mg/Nm3 pendant 30s. Nous on appelle ça un overfuel (avec fumée grise).
- Température des fumées plus haute (sonde plus proche de la sortie des fumées)
- Taux de CO sur la flambée 516 mg/Nm3 , encore mieux qu’avant . Super résultat.
- Temps d’ébullition 28 min soit environ 0.9L d’eau par minute . Semble cohérent avec le meilleurs rendement moyen.
Interface four à pizza
Infos
- Conduit : 1m simple peau diamètre 150 aluminé ; sonde 30 cm au dessus du coude de sortie.
- Bruleur : oxalis avec deux arrivée d’air secondaire et cendres au fond
- Interface : four à pizza V4.2, boite découpée laser et sole brique Fayole ep 3cm. Isolé en laine céramique et laine de roche. Porte non isolée.
- Bois : 5.8kg de douglas 14% humidité moyenne , section 3-5 cm
- Utilisation : cuisson de cookies
- Température foyer : froid mais non mesurée
- Température air ambiant : 23° (extérieur)
- Allumage au chiffon d’huile
- A noter que la mesure totale est plus longue que celle affichée car ce sont en réalité 7 plaques de cookies qui ont été réalisées et avec un temps d’attente entre la chauffe et l’enfournement des premiers cookies ( mauvaise synchronisation entre cuistot.e.s et analyste). La courbe présentée ici est donc une courbe tronquée avec seulement l’enfournement de 2 plaques de cookies (même durée de cuisson mais pas 30 min d’attente avant enfournement).


Résultats
- Pas mal d’excès d’air (surement la faute a la double arrivée d’air secondaire – qui permet cependant d’éviter l’accumulation de braise sur les cuissons de plusieurs heure mais dessert sur la combustion).
- A la fin on remarque bien les pics de CO quand on cesse d’alimenter le foyer, en effet le poêles rockets idéaux pour avoir toujours des taux de CO bas devrait tourner à fond sans jamais s’arrêter (c’est un peu le cas sur des cuissons de pizzas mais on n’en a pas fait aux Pyro 2026).
- Température des fumées plus basse (le parcours des fumées est plus long dans le four que sous les woks). Et rendement plus haut de ce fait. On passe le seuil de la EN 15250 mais on sort quand même trop chaud pour passer au dessus des 75% de rendement.
- Taux de CO sur la flambée : 1047 mg/Nm3 , moins bien que pour les woks mais encore bien en dessous du Flamme Verte (FV).
- Montée a 250° sur sole en 24min et cuisson de cookie en 6min.
Interface friteuse Léo mode churros
Infos
- Conduit : 1m simple peau diamètre 200 aluminé ; sonde 30 cm au dessus du coude de sortie.
- Bruleur : oxalis avec deux arrivée d’air secondaire et cendres au fond. arrivée de bois en 180 au lieu de 150.
- Interface : Wok 42L (65cm) avec déflecteur amovible qui permet de détourner les flammes du wok pour temporiser si huile trop chaude + tank a eau bouillante pour pâte à churros
- Bois : douglas 14% humidité non pesé (section 2-4 cm)
- Utilisation : cuisson de churros salés
- Température foyer : froid mais non mesurée
- Température air ambiant : 18°C
- Allumage au chiffon d’huile
- A noter que la mesure a été prise en cours de flambée (début non mesurée car la session friture a durée au moins 1h30 et je suis arrivé en cours de route)


Résultats
- Énorme excès d’air (double arrivée d’air secondaire + diamètre arrivée de bois 180 + conduit 200+ arrivée de bois a 50% rempli)
- Des pics de CO plus régulier car la cuisson des churros demande un contrôle précis de la température et donc un foyer pas rempli sous peine de surchauffer l’huile
- Température des fumées plus basse que sur wok (une partie de la chaleur est capté par la cuve a eau et l’excès d’air important dilue surement les fumée avec de l’air froid). Donc le rendement est équivalent.
- Taux de CO sur la flambée 1399 mg/Nm3 , moins bien que pour les autres wok mais encore en dessous du Flamme Verte (FV).
- Je n’ai pas compté le nombre de churros ! 😅
Interface friteuse Léo mode précuisson
Infos
- Conduit : 1m simple peau diamètre 200 aluminé ; sonde 30 cm au dessus du coude de sortie.
- Bruleur : oxalis avec deux arrivées d’air secondaire et cendres au fond. arrivée de bois en 180 au lieu de 150.
- Interface : Wok 42L (65cm) avec déflecteur amovible qui permet de détourner les flammes du wok pour temporiser si huile trop chaude + tank a eau bouillante
- Bois : douglas 14% humidité (section 2-4 cm)
- Utilisation : cuisson de frites (première cuisson a 150°C)
- Température foyer : froid mais non mesurée
- Température air ambiant : 19.5°C
- Allumage papier cagette
- A noter que la mesure n’as pas été prise sur la totalité de la flambée. On a arrêté la mesure quand le stock de bois pesé était écoulé.


Résultats
- Excès d’air plus bas que pour churros (arrivée de bois rempli a 90% = fonctionne a pleine charge).
- Sections de bois un peu petite pour plus de puissance mais du coup plus de pic de CO et risque d’overfuel (comme a 25 et 60 min). Et aussi une seul personne qui coupe les frites / check 2 feu donc moins de régularité sur le chargement / repoussage du bois .
- Température des fumées plus basse que sur wok classique (une partie de la chaleur est captée par la cuve a eau). Et les fumées sont moins diluées donc le rendement est meilleur que pour les churros.
- Taux de CO sur la flambée 964 mg/Nm3, mieux que pour les churros et encore bien en dessous du Flamme Verte (FV).
- Je n’ai pas compté le nombre de frites non plus 🙂 Environ 2 gros écumoires et demi de frites en 6min.
Interface pasteurisation
Infos
- Conduit : 1m60 simple peau diamètre 150 aluminé ; sonde 40 cm au dessus du coude de sortie.
- Bruleur : oxalis avec une arrivée d’air secondaire
- Interface : chauffe eau (100 ou 150 L) avec échangeur pour pasteuriser (monter a 80°C) du jus de pomme. Débit habituel 300L de jus / heure.
- Bois : 3.79 kg sapin 10% humidité (section 3×5 liteau)
- Utilisation : pasteurisation de gingembrette (en bouteille et fut) pour le samedi soir.
- Température foyer : froid mais non mesurée
- Température air ambiant : 19°C
- A noter que la mesure n’as pas été prise sur la totalité de la flambée. Je suis arrivé en retard et je n’ai mesuré que la partie pasteurisation et pas celle de chauffe du ballon. Donc avant le graphique il y a 43 minute de chauffe (eau a 12°C au début) et 5kg de bois consommé en plus.


Résultats
- Excès d’air très bas pour un rocket ( je pense que la combustion se poursuit dans la double paroi du chauffe eau). Intéressant car indique surement un tirage plus optimum que les précédents.
- Alors on voit bien les deux phases : la phase d’attente du public pour la démo ou il n’y a que des braises et un taux de CO élevé (comme un barbecue) et la phase ou on recharge en bois et ou le CO fait un pic le temps que le bois s’enflamme correctement puis chute drastiquement 1
- Température des fumées relativement basse, surement car beaucoup d’échange avec le chauffe eau (des chicane de mémoire) et donc rendement élevé ! On est au dessus de 75% Victoire !2 ✌️
- Taux de CO sur la flambée : 409 mg/Nm3. C’est le meilleur score de l’équipe rocket Oxalis ! (avec un min a 20mg/Nm3)
- Débit réel calculé : 75cl en 12s soit 225L/h pour la gingembrette.
Conclusion
Excellent… rien a ajouter ! 😝
En développant un peu les résultats des rocket Oxalis dans ces différentes configurations oscillent entre bon et excellent. C’est d’autant plus impressionnant pour des poêles en autoconstruction fait avec des bidons de récup. Se dire que l’on a des performances sur le CO équivalentes a des poêles fabriqué en industrie c’est quand même dingue ! Cela confirme donc les signaux visuels et les savoirs empiriques que l’on avait déjà. Des points intéressants pour les futurs conceptions de rocket Oxalis.
Quelques remarques et idées d’améliorations néanmoins :
- La double arrivées d’air semblent être une fausse bonne idée : cela augmente inutilement l’excès d’air. Rehausser les arrivée d’air pour limiter l’impacte de l’accumulation des braises serait plus pertinent (sauf usage intensif peut être).
- Les fumées sortent trop chaude la plupart du temps : optimiser la récupération de chaleur sur les interface semble être un moyen d’augmenter le rendement réel (= plus de chicane / ralentir les fumées). A voir l’impact sur la fabrication (simplicité) et sur l’utilisation (allumage plus poussif).
- Les section de bois les plus adapté semblent être du 3-5 cm : moins de risque d’overfuel. Cependant cela dépend des usages car on a parfois besoin de plus ou moins de puissance instantanée. Il est donc difficile de faire coller nos usages a la meilleure combustion possible. Néanmoins, les exemple ci dessus montrent que même en faisant varier les sections et avec des overfuel on garde un seuil moyen en dessous des 1500mg/Nm3.
- Le remplissage de l’arrivée de bois ne doit pas dépasser 70-80% du tube sous risque d’ overfuel.
- Les rocket font des combustions bien moins bonne en début et fin de flambée (comme tout les poêles). Quand il n’y a que des braises : on a des gros pic de CO. Une solution pourrait être de réussir a éteindre totalement le feu dans ces période la (plonger les braises dans l’eau ou étanchéifier totalement le foyer). Malheureusement ça me semble très compliqué a faire sur un rocket…
Voila donc ce qui conclu le farandole des cuiseur modèle oxalis. Et on se quitte sur une photo d’une interface vitrocéramique et four crée par Marc et qu’il utilise même en intérieur chez lui (casserole propre garanti). Prochain épisode sur des appareils a pellet...

- Pour rappel, avec le cadre que l’on s’est fixé on ne prend les mesure qu’entre les 2 traits roses en pointillé. Cela illustre bien que les chiffre dépendent pas mal de ce que l’on choisit de regarder 🙂 ↩︎
- Rappel le calcul de rendement est une approximation et le calcul exact de la norme EN 15250 est lui même peu représentatif du rendement des rockets cuiseurs. ↩︎
Voici le premier d’une série de 4 articles sur des analyses de combustion aux 5eme rencontres Pyromaniakes 2026. Ce sont des articles assez denses et techniques. Je ne suis pas laborantin spécialisé en analyse de combustion : des imprécision et erreurs peuvent être présentes.
Contexte
En 2026 et plus exactement la semaine du 13 au 19 avril ont eu lieu les 5èmes Rencontres Pyromaniakes organisées par le réseau Feu Follet : des acteur.ice.s de l’autoconstruction et du feu de bois (dont nous faisons partie et qui sont en quelques sorte nos mentors du rocket 🙂 ) .
De plus, cette année la rencontre était double car, a nos pyromanes préféré.e.s, venait se rajouter des adeptes de la cuisson solaire et leurs multiples paraboles et fours helioréactifs !
Pour plus d’images / retours de ces rencontres d’anthologie :
- Une petite série en 5 épisodes a été publié dans un article sur notre site et sur nos réseaux.
- Une sélection de photos de David Szumilo (Du soleil dans nos assiettes ) : ICI
- Une vidéo reportage de Vivre Low Tech a venir sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=vE8gFviykDk
- Un retour en image de JP de l’association Oxalis : https://www.oxalis-asso.org/les-rencontres-pyromaniakes/
Voila pour le contexte des Pyromaniakes mais quelle rapport avec un labo ?
Le labo des Pyro Kesako ?
Comme vous le savez peut être si vous nous suivez sur les réseaux, l’Atelier du Zéphyr est contributeur de la fondation Agir Low tech sur le projet Minimasse . Cela fait donc maintenant plus de 2 ans que nous participons activement au développement de ce petit poêle de masse pour habitat entre 40 et 80m2 . Dans le cadre de ce développement nous avons participé a plusieurs sessions d’analyse de gaz de combustions dans les locaux de l’AFPMA du Lycée des métiers du bâtiment de Felletin dans le but d’améliorer la conception du Minimasse pour optimiser ses performances ( combustion, rendement …).
De ces analyses de combustion récurrentes sur le Minimasse nous est venue une envie : mesurer et analyser les rejets de combustion des poêles rockets (par exemple notre four a pizza Oxalis) pour pouvoir confirmer le savoir empirique (pas de fumée visible , peu de bois utilisé, conduit pas encrassé) avec des données chiffrés . De plus, quel meilleur endroit que les Rencontres Pyromaniakes pour effectuer ces mesures ? C’est surement l’endroit ou la concentrations de rockets est la plus importante de France !
Et nous voilà donc partis pour quantifier et analyser les gaz de combustion de poêles rocket présent sur ces 5èmes Rencontres.
Le cadre des mesures
Vocabulaire
Monoxyde de carbone = CO = gaz inodore/ incolore inflammable et toxique = dans une combustion parfaite physiquement parlant on en produit pas = on en veut le moins possible a la sortie de nos poêles.
Dioxyde de carbone = CO2 = gaz inodore /incolore ininflammable et toxique = dans une combustion parfaite physiquement c’est avec la vapeur d’eau le seul gaz produit = donne une indication de a quelle point ça brule.
Le matériel
Pour réaliser ces analyse nous utiliserons un analyseur de combustion ECOM EN2 avec pot barboteur. Cet appareil permet de mesure l’oxygène (O2), le dioxyde de carbone (CO2), la température des fumées, la température de l’air ambiant, les oxyde d’azote (NOx) et le monoxyde de carbone (CO).
A noter que les sondes sont fragiles et s’usent. On ne les met donc pas en contact avec les fumées quand on dépasse 5000 mg/Nm3 de CO : on ne prends pas les données des 30s après allumage et si le pic est franchi lors d’une flambée on retire la sonde.
Nous utilisons également un humidimètre basique pour mesure l’humidité du bois (DrMeter MD812), un thermomètre laser (Fluke 62 MAX+), une balance 10kg +-5g , un mètre ruban, un crayon et des feuilles volantes pour noter le déroulé des flambées car pas de réseau sur le lieu des rencontres. 😁
Quels rockets mesure t’on ?
On a pas pu mesurer tout les poêles rockets présents aux Rencontres Pyro. Les mesures on été effectuées principalement a la demande des participant.e.s. On a donc des cuiseurs oxalis (avec différentes interfaces : pasteurisateur, wok, four a pizza, friteuse a churros), des cuiseurs a pellets (DSDNA), un four à poterie rocket en L, un rocket en L, un four a pain batchrocket, une plancha (Ojaf).
Quel indicateur ?
L’indicateur principal que nous regarderont pour estimer la qualité de la combustion est le monoxyde de carbone (CO). Il s’agit en effet d’un indicateur assez « simple » à mesurer et qui donne un ordre d’idée de la qualité de la combustion. Bien sûr, cet indicateur est limité (comme tout les indicateur) et sujet à biais : bas monoxyde de carbone (CO) ne veut pas forcement dire bonne combustion mais dans la plupart des cas cela se vérifie.
Plus d’info sur la combustion : https://atelierduzephyr.org/ressources/introduction-au-feu-de-bois/
A noter que le CO sera affiché ici en mg/Nm31 c’est a dire la masse de monoxyde de carbone dans un m3 de fumée à 20° et 1 atm.2
Le protocole de mesure (que mesure t’on et comment ?)
Ensuite, une fois que l’on sait quel matos on utilise et sur quoi, il faut réfléchir à comment l’utiliser…

Lorsque l’on instrumente un poêle de masse, les mesures sont prises selon la norme EN152503 . Cette norme détaille le cadre de la prise de mesure. Par exemple, les mesures de CO sont effectuées entre le passage au dessus de 4% de CO2 (CO2 = bois qui brûle et on considère qu’a 4% le feu a bien démarré) et le passage en dessous de 4% de CO2 et pendant la mesure on n’ouvre pas la porte et on n’intervient pas sur le feu.
Or il n’existe pas de norme pour les poêles rockets (allez y l’AFNOR on vous attends 😜 ) et celle des poêles de masse n’est pas forcément adaptée : sur un rocket on remet du bois en continu et la plupart des poêles rocket avec des taux de CO2 très bas4 (certain son quasiment toujours en dessous de 4%) donc prendre les mesures que entre les 4% c’est pas très pertinent…
De même, sur un poêle de masse on mesure pendant toute une flambée mais sur un poêle rocket a quoi correspond une flambée ?
Bref, plein de réflexions théoriques et de jus de cerveaux. 🤯
Du coup, pour avoir une base permettant de comparer les résultats, j’ai fixé arbitrairement un cadre d’analyse de donnée :
- Les mesures sont prises entre le passage au dessus et en dessous de 2% de CO25 : ça nous permet d’avoir une meilleurs vision sur ces poêles avec un gros excès d’air (en contrepartie on pénalise notre moyenne de CO car la fin et le début d’une flambée sont souvent les moins bonnes au niveau des rejets6). Sur les courbes la zone de mesure sera représenté par 2 traits pointillés roses.
- La mesure se déroule sur un usage habituel du poêle : par exemple pour le four on considère une cuisson de cookies et on prends la mesure de l’allumage7 jusqu’à la fin de la cuisson, pour le four a pain on est sur une cuisson de pain + brioche + fougasse, pour le wok sur faire bouillir de l’eau pour des pâtes… Cela rend moins pratique pour comparer les courbes entre elle mais cela donne un aperçu de l’usage réel des rockets8
- On prend des notes avec le déroulé de la flambée : quand rajoute-t-on du bois ? Observations de signes visuels importants (fumée noir par exemple) …
- On prends un maximum de donnée autour du poêle 9 : longueur du conduit, température du foyer, température ambiante, quantité de bois brulé, humidité et essence du bois brulé, géométrie du foyer du rocket.
Traitement des données :
Ordre de grandeur
Mais a quoi peut on comparer ces données ? Bonne combustion, kesako ? On va s’appuyer sur la norme EN 15250 (poêle de masse) et le label Flamme Verte (tout poêle).
- La EN 15250 dit que pour les poêle de masse il faut, en moyenne sur la flambée, un rendement supérieur a 70% et un taux de CO inférieur a 3750 mg/Nm3.
- Le label Flamme Verte dit notamment10 que pour obtenir le label il faut un rendement de 75%11 et un taux de CO inférieur a 1500mg/Nm3
Donc en partant des ces 2 référentiels on va se dire que si on est en dessous des seuil de la EN 15250 notre combustion est bonne et que si on est en dessous de ceux du Flamme Verte elle est très bonne 🙃
Limites
Comme toute étude il y a des limites / imprécisions / flous / données manquantes. Voici celles que j’ai identifiées :
- Cet appareil ne mesure pas les particule fines et les COV ( il en existe mais le prix augmente drastiquement) nous ne sommes donc pas en capacité d’analyser les dégagement de particule fine (PM 2.5 et PM10) et de COV des rocket. Pour pouvoir comparer avec le label flamme verte il nous faudrait ces valeurs.12
- J’ai choisis de ne pas mettre les NOx sur les graphiques pour plus de clarté . Néanmoins les valeurs semblent en dessous des seuils. 13
- Le rendement affiché par l’appareil est une approximation du rendement de la norme EN 15250. 14
- Sur chaque rocket, une seul prise de mesure a été faite et par tout le temps la même personne : j’ai donc pu faire des erreurs ou avoir de la chance dans mes prises de mesure.
Courbes
Et elle sont ou ces données ? Dans le prochain article ! De quoi vous faire saliver un peu 😉
Remerciements
Et ces données ont pu être récolté notamment grâce à :
- Agir Low Tech qui a accepté de louer l’analyseur de combustion ( car ça coute environ 2500 euros à l’achat… )
- Ojaf pour avoir fournis la tente qui a hébergé le labo pendant la semaine, son humidimètre et ses bras pour déplacer des rockets.
- L’organisation des Pyromaniakes pour avoir soutenu et financé le projet.
- Les participant.e.s qui sont venu me solliciter et qui ont accepté de percer des trous dans leur conduits de poêles 😅 (pour placer la sonde)

- Normo m3. ↩︎
- Attention point technique non necessaire a la compréhension globale c’est a ca que serve les notes de bas de pages 😉 non ? ) : a noter également que les valeur de CO affiché sont en fait les valeurs recalculé pour 13%O2 équivalent. En effet le CO étant une quantité par m3 de fumée et bien une solution pour baisser artificiellement la quantité de CO en sortie serait par exemple de rajouter plein d’air a l’entrée du poêle : si on augmente la quantité d’air et bien sa diminue la concentration de CO. Pour éviter cette « triche » les valeurs de CO affiché sur les courbes sont recalculées pour une quantité d’air fixé : 13% d’O2 dans les fumées . Exemple : si on mesure 125 mg/Nm3 a 19% d’O2 cela fait 500 mg/Nm3 a 13% d’O2 et dans l’autre sens 1250mg/Nm3 a 4%d’O2 cela donne 588mg/Nm3 a 13% d’O2. ↩︎
- Les normes sont payantes et d’usage privées je ne peux donc pas vous mettre la source (ou alors sa vous coutera 400 euros ! 😆) ↩︎
- Point technique : Les rockets fonctionnent en excès d’air, c’est à dire que l’on injecte beaucoup d’air dans le foyer ce qui permet aussi d’optimiser les interaction gazeuses et donc favoriser la combustion. Mais du coup seulement une petite portion de cet air injecté en excès est transformé en CO2. Donc dans les fumées il nous reste beaucoup d’O2 et peu de CO2 . Et donc sur certain on ne monte pas au dessus de 4%. ↩︎
- Petite correction après relecture de la norme EN 15250 le cas des gros excès d’air est prévu : il faut prendre les seuil a 25% du max de CO2. Je trouve ça pas pratique car du coup les seuils varient en fonction des rockets. Donc on reste sur 2%. ↩︎
- En effet, à l’allumage, foyer froid et pas de tirage = combustion pas top et à la fin, foyer sans combustible avec braise qui réduisent doucement et beaucoup d’air frais qui arrive car tirage fort = pas top non plus ↩︎
- Il y a eu quelques raté ou je suis arrivé trop tard avec mon appareil ↩︎
- Contrairement a la norme EN 15250 qui sert surtout à comparer les poêles entre eux et ne rend pas compte de l’usage chez des utilisateur.ice.s (nécessite un tirage forcé a 12Pa par ventilateur par exemple) ↩︎
- Je confesse qu’il m’est arrivé d’en oublier une partie… ↩︎
- Elle dit aussi plein d’autre choses, j’en parle dans limites. ↩︎
- Ou plus exactement un ETAS supérieur a 65% : https://www.flammeverte.org/flamme-verte/le-label-flamme-verte ↩︎
- La quantité de cendre présent en fin de flambée semble indique des performance moindre en particule fine. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Et surement rien a voir avec le fait de laisser un poêle a bois tourner au ralenti toute la nuit : https://www.ecolowtech.fr/blog/charger-son-poele-a-bois-arrivees-air-au-minimum-ou-passer-la-nuita-conduire-un-vieux-diesel/ ↩︎
- Vous souhaitez vérifier ? contactez-nous et je vous envoie les données brutes ↩︎
- De plus le rendement de la norme est lui même un calcul qui se contente de soustraire les pertes des fumées (température fumée et imbrulés) au rendement théorique de 100%. Ce calcul ne prend donc pas en compte les pertes de chaleur en dehors de la flambée ( une fois que le poêle est éteint une partie de la chaleur continue à s’évacuer par la cheminée) et il ne prends pas non plus en compte pour un rocket les pertes thermiques du foyer et de l’interface qui ne servent a rien a part réchauffer les jambes du cuistot :). ↩︎
A l’Atelier du Zéphyr on reçoit plein de mail, souvent des demandes de renseignements, de partenariat, des questions techniques de personnes qui veulent juste savoir un détail sur un four a pizza par ex et qui finisse par nous envoyer un mail avec 30 questions ou bien par venir participer a une formation 🙂
Et de façon beaucoup plus rare on a des mails ou les personnes souhaitent nous partager leurs expérimentations / retour d’expérience : c’est le cas de Laurent qui a rédigé le texte qui va suivre. Un grand merci a lui d’avoir pris le temps de partager son expérimentation , j’espère qu’elle pourra servir de base de travail a d’autre personne.
Ce genre de publication aurait plus de sens dans un forum dédié au rocket, c’est un travail en cours au Zéphyr mais qui n’as pour l’instant pas abouti . Nous vous tiendrons au courant quand ce projet verra le jour.
A noter qu’il s’agit d’un prototype et de retour d’expérience sur le court terme, et pas du tout d’une solution clé en main et qu’a l’Atelier du Zéphyr nous ne sommes pas sachant sur les systèmes de poêles bouilleurs. L’expérimentation avec du feu de bois et de l’eau sous pression comporte des risques importants, l’Atelier du Zéphyr ne recommande pas l’autoconstruction de ce genre de système aux personnes néophyte qui risque de ne pas prendre toute les précautions nécessaires. Si vous ne voulez pas prendre de risques utilisez des solutions techniques installé par des professionnel et sous assurance décennales.
Ce texte est a but informatif et ni l’Atelier du Zéphyr ni Laurent ne serait être tenu responsable des tentatives de répliquer cette expérimentation chez vous.
Le texte a été écrit par Laurent, j’en ai fait la relecture et ai rajouté mes remarques en bleu. Bonne lecture !
Je suis Laurent, autoentrepreneur ferronnier d’art dans les Landes.
A temps perdu, j’ai fabriqué un rocket stove bouilleur que j’ai fait évoluer pendant plusieurs saisons de chauffe.
Vous trouverez ci-dessous une description au cas ou vous ayez envie de vous en inspirer ou de participer à son développement qui n’est pas achevé.
Je reste à l’écoute des éventuelles questions, remarques, propositions de collaboration. C’est la première fois que je fais un retour d’expérience sur mes travaux.
Le contexte
La chaudière à gaz murale qui était en place lors de l’achat de la maison en 2017 est tombée en panne. Elle produisait l’ECS (eau chaude sanitaire) et alimentait aussi les 9 radiateurs de la maison. Dans un premier temps, j’ai supprimé cette chaudière et installé un petit cumulus électrique pour fournir l’ECS ainsi qu‘un poêle à bois dans le salon pour chauffer la maison l’hiver. La maison est de plain pied et mesure 150m². Avec une seule source de chaleur, quand la température extérieur baisse, les pièces éloignées du poêle sont froides. Pour remédier à cela, au moins ponctuellement, j’ai décidé de fabriquer un rocket stove bouilleur, de le raccorder à l’installation de chauffage centrale existante et ainsi chauffer chaque pièce par l’intermédiaire des radiateurs.
En 2021, j’ai participé à un atelier rocket stove de cuisine organisé par l’association « l’Atelier du zéphyr » à la ferme de la Maladière (42) pour affiner mon projet.
Les choix techniques
Pour des raisons de sécurité, j’ai préféré installer le rocket stove bouilleur à l’extérieur de la maison (juste en face du trou dans le mur qui servait à l’évacuation des fumées de l’ancienne chaudière à gaz). Cela m’a permis d’accéder facilement à la tuyauterie existante du chauffage central depuis l’extérieur.
Le rocket chauffe un récipient en inox plein d’eau. Un serpentin est placé dans le récipient d’eau chaude. Il prend les calories de cette eau et les communique au circuit des radiateurs par l’intermédiaire de 2 tuyaux souples.
La cuve agit comme un petit ballon tampon. C’est un choix technique qui évite l’ébullition directe dans les radiateurs.
En raison du manque de place, de moyens et de temps, j’ai décidé de me passer de ballon de stockage d’eau chaude et de tout asservissement.
Pour valider la faisabilité de ce projet j’ai fait le choix de construire un premier petit rocket stove bouilleur avec les matériaux que j’avais à ma disposition. Dans un second temps, j’en ai fabriqué un deuxième sur les bases du prototype, plus grand dont la puissance convenait mieux à mon utilisation.
Le rocket stove bouilleur « N°1 » ou « le prototype » en tube carré de 120mm



Les photos correspondent à la version définitive du prototype qui n’a cessé d’évoluer.
Le corps du rocket stove prototype est fait avec du tube carré de 120mm, pour le reste j’ai utilisé des bidons et des bouteilles de gaz.
La cuve inox a une contenance de 70 litres.
La partie basse du tube vertical est isolée avec de la cendre de bois visible sur les photos.
Dans la mesure du possible, j’ai conservé le même section (ou légèrement croissante) pour le passage de l’air depuis l’entrée primaire jusqu’au tuyau d’évacuation des fumées.
Il y a deux entées d’air, la primaire ou est logé le cendrier et la secondaire, placée sur le côté droit du tube (quand on se trouve devant l’entrée d’air primaire) horizontal carré.
Le cendrier qui occupe toute la longueur du tube horizontal et aussi toute sa hauteur permet :
- de protéger le tube horizontal, au moins partiellement, de la corrosion due aux cycles hautes températures, refroidissement.
- de faciliter l’entretien. Il récolte toutes les cendres issues de la combustion (et les liens de fil de fer des fagots, lire la suite pour comprendre…).
Dès les premiers essais, j’ai vu que la puissance et l’autonomie en combustible étaient faibles. J’ai apporté deux modifications au prototype pour tenter d’y pallier :
- Allongement du tube de chargement ce qui augmente de façon proportionnelle l’autonomie (les deux tubes de chargement mesurent 65 et 100 cm)
D’après mon expérience, il n’y a pas de limite à la longueur du tube de chargement, il pourrait mesurer 3 mètre par exemple et contenir, une dizaine de fagots de 30cm empilés les uns sur les autres. (je conseil néanmoins d’éviter les amenées de bois trop grande , le risque , notamment en cas de bouchon peu étanche ou de percement d’usure des tubes étant la trop forte montée en température de l’amené de bois suivi d’une combustion du bois en attente) Il y a seulement deux précautions à prendre :- placer un bouchon étanche en bout de tube pour éviter que le tube de chargement ne se transforme en cheminée et la cheminée en entrée d’air. Le bouchon est retiré seulement le temps du chargement des fagots (A noter que pour qu’un bouchon soit relativement étanche il faut utiliser un joint en laine céramique car un contact métal contre métal suffit rarement )
- faire des fagots de bois liés avec des fils de fer .Pour assurer la combustion, les fagots de bois doivent descendre par gravité. Hors ils sont soumis dans le haut du tube de chargement à la chaleur et a une très forte humidité (présence de vapeur d’eau). Les liens en métal contiennent le gonflement naturel des fagots évitant leur coincement dans le tube. Les fagots ne brûlent pas dans le tube de chargement car il n’y a pas d’oxygène, par contre quand ils descendent au niveau du foyer, là ils sont en présence d’oxygène (apporté par l’arrivée d’air primaire) et se consument.
- ajout d’un deuxième tube d’alimentation pour augmenter la puissance de chauffe. A priori la puissance est doublée (à vérifier par des mesures) avec ce deuxième tube. Pour cela des fagots doivent être présents dans les deux tubes simultanément, bien entendu. À priori, un troisième tube d’alimentation serait envisageable, je ne l’ai pas expérimenté. Je présent tout de même que l’ajout d’un troisième tubes de chargement pourrait avoir des conséquences indésirables :
- forte concentration de chaleur dans le foyer donc usure prématurée
- le rendement pourrait chuter dans un foyer étalé sur 60cm de longueur (3 tubes parallèles de 18 cm avec un petit espace entre chaque tube). Les gaz produits par la combustion du bois placé dans le tube le plus près de l’entrée primaire pourrait être brûlés dans la partie du foyer la plus éloignée de l’entrée d’air primaire. Ce n’est pas ce qui est recherché, dans le fonctionnement du rocket stove, on cherche, au contraire, à dissocier le combustion du bois (dans le foyer) de celle des gaz (dans le tube vertical) (pas totalement exact car cela dépend des géométries / conceptions). De plus, pour favoriser la combustion des gaz, dans le tube vertical, on apporte de l’air par l’intermédiaire de l’arrivée d’air secondaire (qui plus est, en créant le maximum de turbulences pour bien le mélanger aux gaz afin d’assurer les conditions d’une bonne combustion). Ces conditions sont garantes du rendement élevé d’un rocket, elles ne seraient peut être pas réunies si une partie des gaz était brûlée dans le foyer en même temps que le bois et sans apport d’air secondaire.
On peut aussi imaginer, pour un développement à venir, que le deuxième ou le troisième tube puissent être utilisés non pour doubler la puissance mais pour doubler ou tripler l’autonomie si l’on parvient à autoriser la descente des fagots dans le deuxième et le troisième tube seulement quand le précédent est vide.
Rocket stove définitif en tube carré de 180mm


Je l’ai fabriqué à l’identique du prototype, la section du tube carré est passée de 120 à 180mm afin d’augmenter la puissance.
La cuve inox contenant l’eau a une capacité de 60 litres.
Comme cela est visible sur les photos, on retrouve le même matériel que sur une chaudière classique (il a d’ailleurs été récupéré, en grande partie, sur mon ancienne chaudière à gaz). Vous apercevez, une pompe de circulation, un vase d’expansion, un manomètre, une arrivée d’eau pour compenser les pertes d’eau dans le circuit, une purge d’air, un serpentin en inox…
Comme la maison est de plain pied, il n’est pas envisageable d’utiliser seulement le phénomène de thermosiphon pour assurer la circulation de l’eau dans les radiateurs. Une pompe de circulation est indispensable.
Cependant, on peut remplacer la pompe de circulation en 230V par un modèle équivalent en 12V. Cela permettrait, grâce à des batteries, l’utilisation du rocket même en cas de coupure d’électricité.
J’ai utilisé une dizaine de fois, le rocket stove bouilleur en tube de 180. Les radiateurs ont chauffé correctement et la température dans la maison était uniforme.
Il me semble important de déduire que le retour d’expérience est donc partiel car utilisé pour chauffer des espaces de la maison non utilisés au quotidien , il est fort probable qu’un usage quotidien apporte des éléments nouveaux
Le rocket s’est emballé une fois, alors que les deux tubes de chargement étaient remplis, le tube horizontal dans la zone du foyer est devenu rouge. J’ai immédiatement fermé l’arrivée d’air primaire pendant quelques minutes, le temps que la température redescende, puis j’ai ouvert à nouveau la trappe d’air primaire, la combustion a repris son régime de croisière.
Ce que nous apprends cette partie c’est que l’usage de ce type de rocket nécessite une attention et un contrôle de la part de l’utilisateur.ice. Des sécurités sont pour moi obligatoire (groupe sécurité pour surpression, jauge température avec alarme, soupape …)
Pendant cet emballement, la température de l’eau n’a pas atteint l’ébullition. Des sécurités pourraient être tout de même imaginées pour protéger le rocket et la tuyauterie du chauffage central :
- une sécurité sur la trappe d’entrée d’air primaire : un électroaimant maintiendrait le volet dans la position ouverte grâce à l’alimentation électrique d’une bobine aimantant la trappe en position haute. En cas de surchauffe, un bilame ou « Clixon » couperait l’alimentation de la bobine et la trappe tomberait par gravité. on peut aussi se passer d’électricité pour commander la fermeture de cette trappe en utilisant la dilatation d’un tige métallique. Si elle dépasse une certaine longueur en raison d’une montée en température, elle provoquerait le décrochement du système mécanique de maintien de la trappe qui tomberait par gravité.
- une sécurité sur la pompe de circulation : pour éviter tout risque d’endommager le circuit de chauffage central (qui est en PER dans mon cas), il est possible aussi de placer, en série sur l’alimentation de la pompe, un « clixon » qui couperait l’alimentation de la pompe si la température de l’eau du réservoir d’eau dépassait 80°C par exemple.
Une autre solution offrant un niveau de protection supérieur peut être envisagée pour protéger des surchauffes. Elle consisterait à placer une alimentation en eau froide commandée par électrovanne pour refroidir l’eau de la cuve si elle dépassait la température de 80°C. Un « Cixon » normalement ouvert alimenterait l’électrovanne. En cas de dépassement de température, le « Cixon » deviendrait « passant » et commanderait l’ouverture de l’électrovanne. L’eau froide viendrait immédiatement se mélanger à l’eau chaude de la cuve pour la refroidir. Une temporisation fermerait l’électrovanne au bout de 5 minutes. Cette deuxième solution demande l’installation d’un trop plein sur la cuve inox.
Une précision importante concernant la sécurité des personnes : la cuve en inox pleine d’eau n’étant pas fermée de façon étanche, il n’y a pas de risque de montée en pression ni d’explosion en cas d’ébullition.
Par contre les serpentins inox sont en circuit fermé même si en théorie l’eau ne peux pas monter a plus de 100°C il est impératif de prévoir un groupe de sécurité contre la surpression.
Les sécurités envisagées ont pour mission de protéger les tuyaux de l’installation de chauffage pas de protéger les personnes et les biens des risques d’explosion à proximité du rocket.
Utilisation
- L’utilisation du rocket est simple, elle ne demande aucun entretien particulier. Voici les étapes à suivre pour lancer une flambée :
- fabrication des fagots avec des liens en fil de fer
- enlèvement des cendres de la combustion précédente et des fils de fer en retirant le cendrier. Il est à noter qu’on ne peut pas retirer le cendrier si l’un des tubes, au moins, n’est pas vide.
- Chargement du tube d’alimentation principal qui mesure 125 cm (le plus proche du tube vertical) avec des bois de grosse section (4 ou 5 cm de diamètre) mais pas de gros rondins. L’expérience m’a enseignée que si je place dans le tube de chargement des rondins entiers de bois de diamètre environ 15cm le feu s’éteint (même si j’ai pris la précaution de placer ces rondins au dessus de 2 ou 3 fagots de petit bois censés créer un lit de braise dans le foyer).
- chargement du tube d’alimentation secondaire (le plus proche de l’entrée d’air primaire) avec du petit bois pour faciliter seulement l’allumage ou avec des fagots de bois de grosse section en vu de doubler la puissance de chauffe.
- mise en route de la pompe pour faire circuler l’eau
- allumage du foyer par la trappe d’entrée d’aire primaire. Il est souvent utile d’enlever le bouchon placé sur le « T » d ‘évacuation des fumée et d’enflammer une feuille de papier journal avant de replacer le bouchon de façon à amorcer le tirage.
Il est évident qu’il serait judicieux de placer ce rocket à l’intérieur de la maison (ce qui n’est pas possible chez moi) de façon à profiter de la totalité de la chaleur produite par la combustion et pas seulement d’une partie de celle transmise à l’eau.
Quelque chiffres
L’IA nous donne les chiffres suivant au niveau des rendements :
– rendement de combustion d’un rocket stove : 90 %. Par précaution, je prends en compte 80 % dans mes calculs
– pour un rocket stove bouilleur sans isolation extérieur du bidon et un montage « cuve dans cuve », le pourcentage d’énergie communiqué à l’eau de la cuve par rapport à l’énergie théorique totale contenu dans le bois se situe ente 35 et 45 %. Le serpentin en inox qui est plongé dans la cuve capte une partie seulement (qu’il serait intéressant de quantifier par des tests) de ces calories présentes dans l’eau. Par précaution, je prends en compte 35 % dans les calculs ci-dessous.
A noter que ce calcul ne prends pas en compte les perte thermique entre la cuve et l’extérieur quand le rocket est éteint et les pertes thermique des tubes entre la cuve et la partie chauffé (passage extérieur et traversée de mur) je serais donc moins optimiste de mon coté sur le rendement utile transmis a l’intérieur de la maison
Les chiffres présentés pour les 2 rockets ont été observés avec un chargement d’un seul tube d’alimentation.
Le deuxième tube a seulement été chargé d’un ou 2 fagot de « petit bois » pour faciliter l’allumage. Ces fagots ont été comptabilisés dans la consommation de bois.
– Le prototype consomme environ 1 kg de bois par heure
Je place dans le tube de chargement 3 fagots qui pèsent au total 3,5kg, le feu tient 3H30 environ
La puissance théorique avec un rendement de 80 % est d’environ 4000 x 0,8 = 3200W
La puissance transmise à l’eau si elle représente environ 35 % de la puissance théorique contenu dans le bois est de 4000 x 0,35 = 1400W
– Le gros rocket stove bouilleur sur une période ou je l’ai surveillé a consommé 44,32 kg de bois en 10H45
Sa puissance avec un rendement de 80 % est de 4000 x 44,32 / 10,75 x 0,8 = 13192W
La puissance transmise à l’eau si elle représente 35 % de la puissance théorique contenu dans le bois est de 4000 x 44,32 /10,75 x 0,35 = 5772W
Améliorations
L’utilisation quotidienne du rocket stove bouilleur permettrait certainement d’appréhender beaucoup plus finement que je ne l’ai fait :
- les réglages des entrées d’air (qui pour permettre un rendement optimum devrait être dimensionné avec des test d’analyseur de combustion)
- l’influence de la qualité du bois utilisé (pour ma part, uniquement du cyprès qui n’est pas une référence…)
- la fabrication des fagots (sections maximales, comparaison de différentes essences…)
Je n’ai pas essayé de remplacer les fagots de bois par des plaquettes forestières ou des granulés de bois. C’est peut-être possible moyennant quelques modifications.
Je lance quelques idées d’améliorations :
- L’évacuation de la vapeur d’eau contenue dans le haut des tubes de chargement est peut être possible. L’effet ne pourrait être que bénéfique puisque la capacité calorifique du bois diminue quand son pourcentage en eau augmente. Bien entendu, au fur et à mesure que le bois se rapproche du foyer, la température augmente et chasse dans la partie haute du tube l’eau qu’il contient. Il serait certainement profitable d’éviter cette phase de reprise d’humidité. Si cela est techniquement possible, il serait envisageable de remplacer les liens en fil de fer des fagots par des liens végétaux qui seraient consumés entièrement en même temps que le bois. S’il n’y a plus de gonflement du à la présence simultanée de forte chaleur et d’eau, mais seulement une chaleur dépourvue d’humidité, plus besoins de liens résistants mécaniquement, une ficelle végétale suffirait peut être.
- ll serait intéressant d’observer quelle partie du rocket va se percer en premier afin de prévoir, soit une protection, soit un remplacement aisé de la partie la plus exposée, soit l’utilisation dans les parties concernées de matériaux réfractaires ou seulement plus épais.
- Les bidons pourraient être isolés par l’extérieur. Cela ne peut qu’améliorer le rendement. Un deuxième avantage de cette isolation serait d’éviter les condensations à l’intérieur du bidon (bistre) qui accélère l’oxydation.
- Pour augmenter l’autonomie, il serait intéressant d’étudier la possibilité évoquée plus haut, d’autoriser la descente du bois dans le foyer seulement quand le tube précédent est vide. Pour chauffer en continu, sans intervention humaine, pendant 8 heures, il suffirait de remplir de fagots 2 tubes suffisamment longs pour assurer 4 heures de combustion chacun. Deux chargement quotidien suffiraient à assurer le chauffage sur une journée. Le troisième chargement serait celui du matin avec l’évacuation des cendres.
Conclusion
Ce retour d’expérience laisse entrevoir la possibilité qu’un Rocket Stove bouilleur « auto-construit » puisse remplacer une chaudière fossile, même sur une installation de chauffage central classique. Le passage d’un foyer de 120mm à 180mm a permis de franchir le cap de la puissance nécessaire pour une maison de 150m².
Les défis restants concernent principalement l’automatisation de la sécurité (gestion de la surchauffe) et l’optimisation de l’autonomie.
Pour la suite, l’isolation de la jupe et l’expérimentation d’un troisième tube d’alimentation séquentiel sont les pistes les plus sérieuses pour transformer ce prototype en une solution de chauffage bois confortable.
Si vous êtes intéressez par le projet vous pouvez contacter Laurent à l’adresse suivante :

Cela fait trois ans que nous faisons des rockets cuiseurs modèles Oxalis. Du coup forcement nous (grâce a des retours stagiaires notamment) avons modifié / adapté / amélioré des petits détails sur ces rocket déja très efficaces. Et surtout on a réalisé des documentations spécifique pour nos stages. Et on a mis pas mal de temps avant de publier ces nouveau plan et fiches.
MAIS LES VOICI !
Un remerciement spécial a Titouan en service civique qui a grandement participé a l’élaboration de ces documents et à Lise pour les dessins.
Modifications Zéphyros & Co:
- Plusieurs interfaces sont déclinés (grand ou petit wok, marmite) avec leurs spécificités
- Option coude fumisterie amovible pour transport
- Poignées sur interface pour transport
- Interface marmite avec support en tube carré pour meilleurs durabilité
- Mono languette sur les interfaces wok pour protéger la laine céramique
- Équerres de centrage pour interfaces
- 2 Trou d’arrivée d’air a 120° pour éviter courant d’air traversant
- Déflecteur simplifié pour petit wok
- Augmentation hauteur arrivée d’air pour gestion de l’accumulation de braise
Recueil de fiches/plans brûleurs oxalis
https://atelierduzephyr.org/wp-content/uploads/2025/04/FichesBruleurOxalis.pdf
Recueil de fiches/plans interfaces wok et marmite oxalis
https://atelierduzephyr.org/wp-content/uploads/2025/04/FichesInterfaceOxalis.pdf
N’hésitez pas à nous faire vos retour sur ces fiches que l’on a essayé de faire aussi complètes que possible mais qui peuvent malgré tout contenir des erreurs / imprécisions.

Au début de l’année 2025, nous avons eu une sollicitation plutôt inhabituelle. Le camping des mésanges, basé au cœur du parc du Morvan nous a contacté après avoir vu des toilettes sèches fabriqués chez un de nos membre (basé sur le modèle de celle de Alter eco 30 ). La demande : concevoir et fabriquer des toilettes sèches sur cuves dimensionnés pour une activité saisonnière : les toilettes seront utilisés de manière intensive en saison et auront le temps de composter pendant la saison basse.

Ni une ni deux, nous voila en train de réfléchir a 2 toilettes sèches sur 2 cuves de 1400L pour une utilisation saisonnière avec pré-compostage en cuve.
Le concept de ces toilettes est initialement d’avoir 2 cuves, de remplir une des 2 cuves ( qui sera dimensionnée pour être remplir au bout de 6 mois à 1 an). Une fois la cuve remplie, on change la cuvette de place et on commence à remplir la seconde cuve. Une fois la seconde cuve remplie, on peut vider la première qui a déjà partiellement composté. Finie la corvée de vider le seau des toilettes sèches ! Cela permet d’évacuer une matière plus sèche, moins odorante et en moindre quantité. Pour ce qui est du camping, l’utilisation étant saisonnière, les 2 cuves seront utilisées en saison haute et les 6 mois hors saison permettront d’effectuer le pré-compostage.

Dans les 2 cas, 6 mois à 1 an ne sont pas suffisant pour composter entièrement les déjections et éliminer les agents pathogènes (il faudra au total 2 ans de compostage avant de réutiliser le compost de toilettes sèches). Il faut donc prévoir un autre bac de compost pour pouvoir y vider les toilettes lors de leur maintenance.
Grâce aux retours d’usage de notre membre, nous avons pu intégrer pas mal de petites améliorations à la conception de cette nouvelle version (en concertation avec l’équipe du camping):
- Ventilation électrique pour enlever les odeur même par temps froids ( la V1 utilisait un tirage thermique)
- Piège a mouche pour ne pas être incommodé
- Portes de cuves en 2 partie pour inspection et vidange
- Évacuation directe des urines dans le système d’épuration du camping
- Modification du facteur de forme des toilettes (ratio surface au sol vs hauteur pour éviter une trop grande prise au vent et un effet sucette)
Ainsi que des modifications pour faire des toilettes adaptés à un lieu touristique en usage intensif :
- Assise inox lessivable et intérieur peint en noir(et qui ressemble visuellement a des toilettes classique)
- Dalle béton avec pente pour nettoyage régulier à grandes eaux
Après 2 semaines de chantier, nous partageons ici le compte rendu du chantier et photos pour réaliser ces toilettes sèches sur cuve. En espérant que cela vous donnera des idées !
Si ce genre de réalisation vous intéresse, nous pouvons en discuter pour organiser un chantier sur votre lieu, n’hésitez pas à nous contacter !




Les toilettes terminés !



Compte rendu de chantier, plan et tableur
- Dossier contenant le compte rendu de chantier (ce n’est pas un tuto exhaustif), les plans sketchup (2017) de principe et le tableur de matériaux avec des ordres de grandeurs de prix. Ces documents sont sous licence CC BY – NC – SA. :
https://atelierduzephyr.org/wp-content/uploads/2025/11/2502-WC-Morvan.zip
Ressources et inspirations
- Le modèle Aler Eco 30 : https://www.altereco30.com/toilettes-seches et leur nouveaux manuel https://drive.google.com/file/d/1lGaqr-zibmGyi9RjguU9K5iqIxy_jN4V/view
- Le site toilettes-seches.ch : mine d’info avec notamment ces 2 pdf :
Lors de mon service civique à l’atelier du Zéphyr, un de mes objectifs était de participer à expérimenter une installation prototype de « turbine hydro-électrique » à partir de ressources de l’association Hydr’Open aujourd’hui arrêtée. Ces ressources avaient été récupérées il y a longtemps par des membres de l’atelier, dans le but d’expérimenter un jour cette low-tech. Chargé de ce projet et en quête d’avantages d’informations, j’ai demandé conseil aux anciens d’Hydr’Open et j’ai ainsi pu récupérer une documentation bien plus aboutie que celle en notre possession.
Cette documentation détaille le travail de l’association pour concevoir et expérimenter une turbine hydro-éléctrique pourvue d’une génératrice similaire à la Piggott. Elle relate de façon exhaustive la démarche de l’association : les réflexions de conception, la fabrication, les premiers tests… etc

Malheureusement, après que je me sois renseigné davantage sur la législation française en vigueur pour l’exploitation de l’eau (terrain privé comme public) la législation (les autorisations qu’elle nécessite) et la durée de mon service civique ne suffisant pas à la réalisation d’un prototype, le choix a été fait, de laisser de côté ce projet en publiant la documentation nouvellement récupérée.
La documentation jointe à cet article, est donc le fruit du travail de l’association Hydr’Open qui ne l’a pas diffusée (parce qu’incomplète) mais après récupération de cette documentation par l’Atelier du Zéphyr, au vu du nombre de conseils / réflexions et des savoirs utiles contenu dans celle-ci, il nous semblait dommage de ne pas la rendre accessible au plus grand nombre (et ce, malgré son inachèvement).
Donc, avec l’accord des auteur·ices et sous réserve de l’acceptation de la clause en première page de la documentation, vous pouvez vous instruire de ce document.
Ecrit par Titouan G. en service civique de novembre 2024 à juin 2025
A l’initiative de plusieurs personnes gravitant autour de la cuisson solaire et suite au franc succès rencontré par le forum des poêles de masse libre. Nous avons le plaisir de vous annoncé qu’un forum dédié à la cuisson solaire vient d’ouvrir ses portes.
Le principe est le même réunir les passionné.e.s , les curieux.ses, les néophytes et les expert.e.s de cuisson solaire pour s’entraider, échanger et progresser ensemble dans la construction et l’utilisation d’engins de cuissons solaires.
Que cela soit les aficionados de tubes solaires, les ravagés des paraboles ou même les passionnés des fours solaires : soyez les bienvenu sur ce nouveaux forum !
Au plaisir de vous croisez sur ce nouveau terrain d’échange !
https://forum.cuisson-solaire.fr

Suite a un chantier prototypage avec Remi, Poulk et Romain membres de l’association les nouveaux plans du four a pizza rocket oxalis sont en ligne.
Pas mal d’amélioration dans ces plans , avec notamment un nouveau loquet de fermeture, l’usage de plus petite dalle qui diminue le prix de reviens, la suppression des plaque en aluminium car n’ayant pas résisté au 600°C atteint dans le four et aussi pas mal de modification d’assemblage rivetés / boulonnés.
Voici quelques photos du chantier prototypage:




Pour jeter un coup d’œil a ces nouveaux plans c’est sur la page https://atelierduzephyr.org/auto-construction/cuisiner/module-four-a-pizza-oxalis-v3-1/ ou bien directement sur ce lien : https://atelierduzephyr.org/wp-content/uploads/2024/08/PlanFourV3.4.pdf
Pour les personnes intéressées pour refaire ce four à pizza en formation, il y en aura surement une prévu au printemps, n’hésitez pas a nous envoyer un mail :


